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20.09.2010

Vidéo du dîner Tortue Bleue du 13 septembre 2010 : "Trop Vite !" avec JLSS

Voici la vidéo du dernier dîner de la Tortue Bleue, 13 septembre 2010, qui avait alors pour thème :

"Trop vite !" avec Jean-Louis Servan-Schreiber.

15.09.2010

Feed-back sur la soirée Trop Vite, vue par Nicolas Dziopa de l'agence "Reymann Communication".

La Tortue Bleue, association créée par Bruno Paillet de conseils&annonceurs associés et quelques brillants acolytes, est facétieuse.
À l’heure de la rentrée, où chacun de nous s’apprête à repasser la 5e, elle invite Jean-Louis Servan Schreiber, fondateur du groupe l’Expansion, propriétaire joker de Psychologies Magazine et créateur d’un nouveau magazine Clés (n°1 en kiosque le 27 septembre), pour parler de son dernier essai “Trop Vite” et prendre le temps d’échanger sur ce dernier.

 

 

La première phrase de celui qui décrit le temps comme la valeur qui replace les hommes sur un pied d’égalité absolu (nous avons tous 24 heures dans une journée, qui que nous soyons) est la suivante : “Le 21e siècle, ce n’est pas le 20e avec des téléphones portables.” Jolie formule pour dire que les évolutions sont bien plus profondes que le simple bouleversement techno. Logique.

Emploi du temps et course contre la montre
En 1983, JLSS écrit “L’Art du temps”. 100 000 exemplaires plus tard, sa passion pour l’étude du temps et plus particulièrement de son emploi, le pousse à organiser des séminaires au sein de son groupe de presse, pour permettre à ses collaborateurs de mieux maîtriser leur emploi du temps (il confesse abhorrer le terme gestion).
Il ajoute, rieur, qu’il n’y a rien de plus absurde que de dire que l’on gagne ou que l’on perd du temps… On ne gagne, ni ne perd quelque chose qui avance, pour l’Humanité entière, à la même vitesse. Au mieux, on l’emploie avec plus ou moins de dextérité.

On ralentit !
Lorsque qu’une loco “fila” entre Paris et Saint-Germain-en-Laye, il y eut une véritable accélération de résultat. On allait alors beaucoup plus vite que n’importe quel cheval ! Puis tout d’un coup, après une course effrénée vers la vitesse (“nouvelle extase du monde moderne” selon Kundera), nous commençons à observer un ralentissement. Les avions et les bateaux de transports de marchandises réduisent leur vitesse pour réduire leurs consommations, des mouvements type slow food, slow ceci, slow cela voient le jour et pourtant l’impression d’accélération n’a jamais été aussi grande… C’est bien connu, nous n’avons plus le temps de rien.

Instant damné
Google vient de mettre en place un nouveau système, qui permet de faire apparaître, non plus seulement des suggestions de recherche, mais des suggestions de résultats au fil de la frappe : Google Instant. Cette évolution devrait permettre de gagner 2 secondes, sur une recherche de 9 secondes. À raisons de 3,5 milliards de secondes gagnées par jour, il y a donc moyen de gagner 11h de recherches par seconde… 11h gagnées par seconde. JLSS parle de poésie abstraite. D’aucuns diraient LOL.

Stop
Quelle est la conséquence de l’accélération de l’accès à l’information en tout genre : L’IMMOBILISME. En effet, pourquoi prendre la peine d’aller voir quelque chose qui est à portée de clic ? Pourquoi sauter dans un avion chaque semaine pour aller à la rencontre de ses associés, de ses actionnaires, de ses partenaires ou d’autochtones divers et variés ? Pourquoi ? Alors qu’il suffirait de se placer devant une caméra, montres synchronisées, et le tour serait joué. Moins d’avion, meilleur bilan carbone, moins de temps perdu en vol, plus de temps gagné au sol… NIET.
Nous restons des animaux sociaux, ayant besoin de relations sociales réelles. Ce n’est pas un hasard si les membres des réseaux sociaux ressentent à un moment le besoin de se rencontrer. L’isolation totale, non merci, même avec une connexion internet de folie.

Danger pour la démocratie ?
Dans “Trop Vite”, l’auteur annonce que les politiques sont à la remorque des médias. Il pose la question suivante : Comment imaginer qu’un politique, qui doit être partout où le feu se déclare, pour éviter d’être taxé de snobisme et de dédain envers le peuple, puisse réellement travailler ? IMPOSSIBLE.
Résultat, alors même que l’on réclamera toujours des négociations longues et des décisions rapides, c’est souvent le contraire qui se produit… et cela nous entraîne à prendre ou subir des décisions radicales en un clin d’œil, sans concertation… Pas le temps, il paraît. JLSS fait un parallèle avec une voiture dont la portée des phares se réduirait, à mesure que la vitesse augmente. Joyeuse perspective, n’est-ce pas ?

HAPPY END
Même si l’auteur de Trop Vite affirme qu’il y a un devoir de pessimisme, il ne peut s’empêcher d’imaginer une amélioration. Bien entendu, comme au 20e siècle, où la course au nucléaire avait fait craindre la fin du monde, il y aura (et il y a déjà) des victimes de nos manquements et de notre incapacité à maîtriser le temps (il est d’ailleurs intéressant de noter que nous ne maîtriserons jamais ni le temps physique, puisque nous continuons à mourir, inexorablement, ni le temps météorologique, dont nous subissons sans pouvoir vraiment, ni prévenir, ni guérir, les dérèglements.) Néanmoins, Jean-Louis (à ce stade et maintenant qu’il nous a ouvert son cerveau en grand, on peut respectueusement l’appeler ainsi) est optimiste. Il est persuadé qu’à un moment, si la peur du désastre est partagée mondialement, nous pourrons accepter de freiner, de faire une pause et de remettre dans notre quotidien, ce qu’il appelle, le long-termisme.

L’un des principaux bénéficiaires de ce changement pourrait être l’Environnement. En effet, aujourd’hui, le futur nous fait tellement flipper que personne ne veut s’y projeter. Du coup, nous brûlons la chandelle par les 2 bouts, alors que si nous acceptions collectivement de nous dire que nous allons droit dans le mur et qu’il est grand temps de réinventer le futur, nous aurions une chance de changer de cap et, pourquoi pas, de monde.

HAPPY END 2
Nous sommes en vie. Nous avons la capacité de raisonner, de nous remettre en question et finalement, en cherchant un peu, il est plutôt rassurant de découvrir un sacré paquet d’humains qui phosphorent, non pas uniquement pour se repaître de la charogne d’un monde à l’agonie, mais au contraire pour y insuffler de l’oxygène.

Pour souffler, il va falloir être inspiré.

Sources : Réunion Tortue Bleue, PCinpact, viabooks, Tropvite.fr, Google Instant, wikipédia

Nicolas Dziopa, concepteur rédacteur
Membre de La Tortue Bleue
http://www.reymann.com |  http://reyveille.reymann.com  http://twitter.com/reymanncom

http://reyveille.reymann.com/?p=4465#more-4465

TROP VITE ! de JLSS, vu par Hubert Jaoui

Note parue dans GIMCANA n°73, septembre 2010 : téléchargeable ici
GIMCA NEWS est une newsletter mensuelle écrite par Hubert Jaoui : www.gimca.net

" Je connais Jean-Louis Servan-Schreiber depuis plus de 20 ans, d’abord en tant que spécialiste du management (créateur de L’Expansion) et ensuite comme fondateur et  animateur de Psychologies Magazine. J’ai donc pu observer son itinéraire, du business (son « Le retour du courage » mériterait bien une réédition en poche) jusqu’à la philosophie, bien illustrée dans le modeste et utile « Vivre content ». J’ai aussi suivi de près sa tentative –échouée probablement pour des motifs de culture nationale- de lancement de « Temps plus » accompagnée par « L’art du temps ».

Je retrouve donc avec curiosité « Trop vite !». Les symptômes de la complexité et de l’accélération du changement sont décrits avec acuité. Alors que les humains n’ont jamais eu autant de temps à leur disposition ils ont de plus en plus l’impression d’en manquer. De plus en plus. Saturés par la surabondance de l’information, en difficulté de prévoir le futur à plus de quelques mois de distance, ils tendent à utiliser la vitesse comme un « bouclier contre le doute ». Leur impatience les pousse à privilégier le « court-termisme », le présentéisme, l’agitation plutôt que l’action, l’urgent plutôt que l’important. Daniel Cohen : « Plus le monde est incertain plus l’on devrait être prudent. Or c’est l’inverse qui se produit ». Internet favorise cette précipitation, ne parlons pas des accros au blackberry qui continuent à pianoter tout en vous parlant (en vous écoutant ?). Cette obsession du court terme renforcée par le « capitalisme de casino » conduit beaucoup d’entreprises à sacrifier les budgets de recherche, d’où une tragique perte de talents. Et plus généralement un affaiblissement du sens des responsabilités sociales. La politique, française en particulier, n’est pas exempte de cette coupable précipitation.

Une des nombreuses conséquences néfastes de cette course éperdue se situe au niveau cérébral : nos neurones seraient menacés de « démusculation ». L’activité multitâches se fait aux dépens de  la concentration et de la profondeur. Voir le succès phénoménal de Malcom Gladwell, auteur du bestseller « Blink » qui propose de privilégier l’instantanéité de l’intuition par rapport à la lenteur du raisonnement.

Ceci conduit l’auteur à une vision plutôt pessimiste de l’avenir. A moins que… « nous soyons de plus en plus nombreux à vouloir reprendre la maîtrise de notre corps et de notre tête ». Une bonne relation à soi-même peut devenir le moyen modeste, mais à court terme puissant, de rouvrir les portes du long terme.
Ces conclusions recoupent notre pratique de la créativité : redécouvrir l’immensité de nos ressources et les mettre en commun avec ceux qui partagent nos idées pour inventer, ensemble, une myriade de micro solutions dont la convergence pourra permettre d’éviter l’apocalypse. Ainsi des trois scénarios imaginés par Lester Brown nous pourrons peut-être éviter « Pearl Harbour » et « le mur de Berlin » pour aller vers le plus rassurant « sandwich ».

Bref, un livre à lire. Et à méditer."

Hubert Jaoui, membre de La Tortue Bleue

Opération Post-It. Sans modération !

Pensées receuillies sur Post-It, à la suite de la rencontre Tortue Bleue du 13 septembre 2010 sur le thème "Trop Vite" avec JLSS.


POUR MOI, CE SOIR, PRENDRE UNE LONGUEUR D’AVANCE, C’EST…

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